Festivalul international "Lucian Blaga" Alba Iulia - Lancram, Sebes 2014

de Cornelia Balan Pop



Ca în fiecare an, Lucian Blaga, de acolo de unde este, ne ofera de mult timp, ocazia unor întâlniri de suflet, întru neuitarea lui. La Alba Iulia, Sebes. Lancram vin oameni de pretutindeni, participanti la Festivalul International care poarta numele marelui om de cultura, festival din care face parte Concursul „Lauda semintelor, celor de fata si-n veci tuturor", cuprinzând mai multe sectiuni: creatie literara, arta plastica, traducere literara, eseu, critica literara si documentare. Anul acesta am optat pentru 2 sectiuni: creatie si traducere literara. Este o mare responsabilitate, un act de curaj literar sa te înscrii la un astfel de concurs. Creatia literara are o serioasa concurenta, lumea scrie mult si chiar bine. În ceea ce priveste traducerea literara, se accepta doar texte din Blaga si, trebuie sa recunoastem, nu este deloc usor sa lucrezi cu opera marelui poet si filozof. A traduce implica întelegerea corecta a textului de pornire, apoi, redarea cât mai fidela într-o alta limba. Poezia cu rima îti da, la tradus, mai multa bataie de cap si mai multe bucurii atunci când reusesti transpunerea. Nu fiecare text poate fi tradus într-o zi sau doua. Uneori lucrezi saptamâni întregi si tot nemultumit ramâi. Este un joc serios, uneori destindere, uneori, semn de întrebare cu raspuns bine ascuns, uneori neputinta; gramatica, sinonimele, antonimele nu te ajuta si atunci nu esti chiar fericit. Poate este bine sa întrerupi si s-ar prea putea ca, peste câteva zile, inspiratia (acea sublima scânteie!) sa te ajute. Sau nu!
Afirmam ca anul acesta am participat la acest concurs la doua sectiuni si mi s-a oferit Premiul II la Creatie si Premiul I la Traducere. Adevaratul si foarte valorosul premiu este însa întâlnirea cu scriitori si critici din tara si din strainatate, participarea la sesiuni de comunicari, la recitaluri de poezie (adevarate spectacole), la târguri de carte, vizitarea unor monumente, biserici, galerii de arta, a minunatelor locuri din Sebes, Lancram, Alba. Casa  Memoriala „Lucian Blaga" de la Lancram, statuia poetului, mare, impunatoare, mormântul lui plin de flori, locurile acestea si întâlnirea cu oameni de cultura din întreaga tara dau un aer solemn acestor momente deosebite dedicate lui Blaga. Aceste amintiri pretioase sunt adevaratul mare premiu oferit cu drag de organizatori. Si, în toate si peste tot, amintirea si opera lui Lucian Blaga sunt prezente în fiecare clipa. Am avut bucuria sa o cunosc pe Lilia Chisin de la Liceul Teoretic „Lucian Blaga"din Tiraspol, unde preda limba româna. Pâna acasa avea de facut peste 15 ore. Dar pleca foarte multumita si fericita de cele întâmplate pe plaiurile blagiene. Am avut bucuria sa stau de vorba si cu Elena Caldare, director la Biblioteca „Alba Iulia" din Chisinau.
Si anul acesta Sebes, Lancram, Alba Iulia s-au pregatit pentru Festival asa cum se cuvine. Steaguri, afise uriase, invitati de seama. Au fost, printre altii: academicianul Mihai Cimpoi, eminescolog, istoric literar din Republica Moldova, George G. Potra, Ion Brad, Gheorghe Grigurcu. Dorel Visan ne-a oferit o lectie de recunostinta fata de marele Blaga, apoi a recitat cum numai el stie un poem blagian foarte emotionant. Ioan Gyuri Pascu, la traditionalul Târg de carte de la Alba Iulia, a prezentat o editura unde el este colaborator si apoi a recitat din creatia personala. Avea la un stand cel putin 8 carti publicate. Nu stiam ca este scriitor. Acum am aflat. Îi sta bine. La Biserica Evanghelica din Sebes a fost sustinut un Recital de muzica clasica sustinut de Orchestra de camera a judetului Alba, dirijor Liviu Cernat.
Au fost conferinte pe teme de literatura si nu numai, au fost întâlniri cu poezia, revederi  nostalgice.
Un moment aparte a fost depunerea de jerbe si coroane la statuia marelui carturar. Slujba a fost tinuta la biserica din Lancram de un sobor de preoti în frunte cu Arhiepiscopul Alba Iuliei, Irineu Pop.
Lansarile si prezentarile de carte la nivel înalt de la Alba si Lancram îti stârnesc dorul de a citi înca o carte si înca una; editurile se întrec între ele si aduc titluri incitante; unii editori prezinta avantaje financiare ca toata lumea sa poata sa îsi cumpere o carte, iar tematica este foarte variata. E imposibil sa nu gasesti ceea ce cauti: poezie, religie, turism, istorie, traducere literara, eseu, carte pentru copii si multe altele. Locurile se încarca la modul pozitiv de înca o comemorare desfasurata ca o mare sarbatoare a culturii blagiene.


Poème par par Lucian Blaga

LE CŒUR

Oh, le cœur! Des aveux profonds y brûlent.
Ébahi j'aiguise mon esprit
et dans de grandes significations
son tressaillement je déchire.

Oh, le cœur:
fou quand il s'agit entrant en jeu sauvage,
alors,
alors il me dit que de son argile
fut fait dans le temps le navire
dans lequel Prométhée descendit du ciel
la braise brûlante qu'il a volée de l'âtre des dieux,
tandis que l'aube le levait par- dessus l'Olympe
et cachait en offrande ses étoiles
comme un avare son trésor d'or.

Oh, le cœur: quand sa flamme il étouffe
d'un suaire de silence,
alors il me chante,
que son argile fut jadis le calice de lotus,
où tomba une larme propre comme la lumière
des yeux du premier saint et grand rêveur,
qui sentit l'embrassement de l'éternité
et l'étrange frémissement
de l'acception qui maîtrise à al fois
le coucher du soleil, le lever du soleil, le ciel, la mer.

Oh, le cœur: des crépuscules, quand ils tombent lourds sur lui,
j'entends comme en cachette ils me  murmurent
qu'il est l'argile où jadis sur Golgotha
s'est écoulé à flots le sang du corps de Jésus,
tandis que les épines le mordaient avec leurs yeux de pharisiens.

Oh, le cœur: quand la poitrine il me brise avec
des coups de plomb,
alors il me crie audacieux
qu'au-delà les siècles longs et vides et désertes,
quand le bon Dieu s'appliquera
à créer un autre monde
et une humanité
des parents grands de dieux,
Le bon Maître fera naître de son argile
le nouvel Adam.


LE CHANGEMENT DE SIGNE

C'est ce que je me disais hier encore, toujours:
souvenir est seulement- celui d'une heure
qui fut-
n'importe quel rêve pour demain.
Auprès de toi, aucune lumière, aucune étoile, aucun dieu ne demeure.
Oublie l'Arcadie ! L'horloge qui ne veut pas sonner, celle qui n'est pas arrondie,
l'insatisfaite, oublie-la.
Avec ta brume, tes épis n'ont pas de pacte,
dans ta cour les cruches ne se remplissent pas,
jusqu'à toi c'est à peine que le mot traverse
de par la patrie
où règne le soleil.

Le conte de fée est toujours chez les autres,
la merveille ailleurs et l'astre au large.
Et pas autour de toi!
Dans l'empire des ténèbres- Toi
plonge-toi
et rassemble-toi dans des seuils.
Sous l'horizon bas et de mésaventures privé
la peine sous les épaules se succèdent les années.

C'est ainsi que je me disais bien encore, toujours,
en marchant dans la poussière par-dessus une fleur,
ou par-dessus l'ombre surprise
d'un dieu quelconque,
qui me barre la route, mais qui ne reste pas.

Hier encore, seulement hier, rien qu' hier
je me défendais avec peur
contre le nouveau signe qui se lève agrippeur.

Et aujourd'hui, tout d'un coup, inattendu, ce lever-ci du soleil.
Quel chant démesuré!
Comme à un aveugle rétabli
le monde dans ma lumière s'élargit
Les pouvoirs bougent au zénith.

J'ouvre les portes: Temps sans voyage,
sois le bienvenu,
sois le bienvenu!


LE POÈTE

À la mémoire de Rainer Maria Rilke

Amie, ne prononçons pas l'inutile son
avec lequel l'appelaient les mortels!
Aujourd'hui, en parlant pour tous
il n'a pas de visage et il n'a pas de nom- le poète!
Sa vie nous a beaucoup surpris,
comme une chanson ayant trouble signification,
comme une étrange superstition.
Tout au long des années d'autrefois
le poète, en écrasant  son mot, endura
les malheurs, tous, avec un grand courage
et ses plus grandes, ses plus atroces douleurs il a éteintes
sur la montagne de la solitude, qu'il a choisie.

Quand à un signe les couleurs bleues du ciel se sont écroulées,
et les aiguilles du temps passaient
comme des tranchants à travers tout l'être
ces années-là le poète voulut oublier les semblables et le foyer.
Lors des années des féroces brouillards
quand les mortels avec leur sainte humanité et leur chair
se sont déchirés sans nombre
et vie- tant elle s'est éteinte
qu'il en eût été, hélas, juste assez
que l'esprit se matérialise sur la terre,
Le poète avec le nom effacé et perdu, s'est retiré
À l'abri de la montagne
en devenant l'ami des hauts sommets de pierre.
Et, inaccompli, inébranlable, il est resté dans le jeu du destin
flanqué de blancs et noirs solstices
grand et seul.
Ce n'est ni l'amer souci de la vallée qui l'a tué, ni la pensé
que Dieu s'est ravi lui seul la force de l'incarnation.
Ni le tonnerre des lointains, ni les ténèbres  
ne l'ont vaincu.
Et il ne l'a pas réduit  en cendre
l'éclair qui lui fut pour un instant
l' hôte  sur le seuil de sa porte.
Toujours à lui-même le mot il se donna
et promesse solennelle était son pas.

Permettez-moi, mon Amie, de vous rappeler que le Poète
ne mourut que beaucoup plus tard.
Beaucoup plus tard, tué
par une épine trempée dans l'azur
comme à cause d'une épine ayant le feu d'une abeille.
Il mourut le poète tué sous le soleil par une rose,
par une épine trempée dans le simple bleu, dans la simple lumière.
Depuis lors, dans le feuillage pliée
les rossignols se turent tous
ébahis de ce qui s'était passé.  
Les rossignols de l'horloge, de nos rares jardins,
se turent dans la lumière qui apparaît en vain
et sans signes, depuis lors.

Et je ne sais rien sur la terre,
qui pourrait les inciter
à chanter de nouveau.


Traducere: Cornelia Balan Pop

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