LA FRANCE – L’AMI DE LA ROUMANIE DEPUIS LE DEBUT DE L’HISTOIRE MODERNE DE L’EUROPE.

Romulus Patru Bena, ministre plénipotentiaire, ancien Consul General de la Roumanie a Montréal et Marseille.
 
       Les souvenirs d’un consul roumain en France.
Pourquoi, depuis un certain temps, nous inspirons nous si peu de l’expérience française ?
J’ai vécu des années en France pendant la période du communisme et après la Révolution aussi. Quand il s’agit de la France dans les discours officiels, on fait toujours référence à l’ancienne amitié franco-roumaine, aux liens traditionnels entre les deux peuples. La France, notre sœur aînée en latinité, en affinités linguistiques et culturelles et d’autres formules similaires.
 Les officiels roumains venus en visite à Paris ont rarement abordé le passé historique des relations franco-roumaines; ils se contentaient de le rappeler en utilisant en introduction des formules standards pour passer aux sujets de l’ordre du jour concernant la coopération franco-roumaine selon le mandat dont disposait la délégation. J’ai accompagné maintes délégations, même à haut niveau. J'ai pu approcher relativement tard la langue, la culture et la civilisation française (à l’école j’ai dû apprendre pendant 11 ans le russe, obligatoire en ces temps-là) ; francophile, je suis devenu au fur et à mesure que la maîtrise du français m’ouvrait de nouveaux horizons. Cette langue, je l’ai apprise comme autodidacte, « à la hussarde », ayant comme mentor plutôt Fréderic Dard avec son San Antonio que Voltaire. Dans ces circonstances, me documenter sur le passé historique des relations franco-roumaines n’était que trop naturel, car je possédais un certain nombre de repères comportant des données et des informations précises et objectives (pouvant être présentées aux Français s’intéressant à ce sujet).
Je n’ai pas eu la chance de faire cet exposé – un chapitre de mon futur livre - en aucun endroit, mais j’ai utilisé, selon les circonstances et le temps alloué, des parties de ce que je vais vous dire.
Quant à l’histoire :
Il y a eu, sans doute, des contacts entre les ancêtres des Français et des Roumains bien avant la conquête romaine. Les Gaulois, dans leur période de gloire, avaient fait une percée vers la Péninsule Balkanique, afin d’atteindre le sanctuaire de la Grèce Antique. Sur leur chemin, dans le territoire situé entre les Carpates et le Danube, ils ont rencontré les Gètes, historiquement attestés à l’époque. Plus nombreuses et plus sûres sont les sources qui attestent que pendant l’expansion de l’Empire Romain, une grande partie des territoires de l’actuelle Roumanie et de  la France, a été conquise par l’armée romaine pléthorique et très bien organisée. Par conséquent, dans l’armée romaine furent enrôlés aussi bien des soldats d’origine gauloise que des soldats d’origine Gète. La romanité de nos peuples, la latinité de leurs langues apparentées sont des faits qui ne sauraient être niés par nul historien digne de ce nom. Les Français et les Roumains sont, pour simplifier, le résultat de la romanisation des habitants des territoires respectifs.
Des preuves des contacts entre Français et Roumains, j’en ai beaucoup trouvé, et ce, dès les premiers noyaux étatiques roumains des 13e-14e s. En voici quelques repères : parmi les premiers « officiels », il y avait les missionnaires français, tout d’abord les franciscains, ensuite les jésuites. Les derniers croisés ont trouvé dans les territoires roumains beaucoup de sympathie et d’appuis. Il est prouvé historiquement que la fleur de la chevalerie bourguignonne de Jean de Nevers a lutté en 1396 auprès des guerriers de Mircea cel Bătrân (Mircea le Vieux), à Nicopolis. Ce genre de contacts n’est pas sans suite. En 1445, les chevaliers français ont apporté de l’aide au successeur de Mircea le Vieux, Vlad Dracul (Vlad le Diable), le père de Vlad Ţepeş (Vlad l’Empaleur). La dynamique diplomatie française de l’époque se trouvait en permanent rapport avec les princes roumains des Principautés. Notre grand prince Ştefan cel Mare (Etienne le Grand), à l’époque des guerres avec les Turcs, envoyait et recevait à Jassy des « missions » de la part des rois de France (15e s.). Petru Cercel (Pierre Boucle d’Oreille), le frère de l’illustre Mihai Viteazul (Michel le Brave) – le premier à avoir réuni sous son sceptre les trois provinces roumaines -, a réussi à accéder au trône avec l’aide d’Henri III. On le nommait « Boucle d’Oreille » justement parce qu’il était un des célèbres « mignons » de l’entourage raffiné du roi de France, reconnu par sa vraie boucle d’oreille. Ştefan Tomşa, prince de Moldavie, a lutté dans les Pyrénées, sous les drapeaux d’Henri IV. Un autre prince roumain, figure pittoresque et picaresque, mais qui a peu régné, Despot Vodă (Despote Voïvode), est arrivé sur le trône après s’être formé dans l’esprit de la Renaissance de la France de Ronsard qui, avec la note d’exotisme à la mode, disait qu’une branche de son ascendance provenait des rives du Danube.
Aux Français déjà mentionnés (missionnaires, croisés, aspirants au trône, commerçants, diplômés, aventuriers, troubadours), il faut ajouter les premiers « réfugiés politiques », comme nous les nommerions aujourd’hui, issus des révolutions et contre-révolutions de l’histoire tourmentée de la France : les royalistes durant la Révolution, les Jacobins de l’époque de Napoléon, les Bonapartistes de la Restauration, ils ont trouvé dans les Principautés Roumaines un abri accueillant. Il nous reste d’eux des lettres, la période de leur refuge en Roumanie étant mentionnée dans leurs mémoires.
Des voyageurs de l’aristocratie française, en route vers Istanbul et vers l’Orient, ont fait dans leurs comptes-rendus, une large place à l’étape passée eaux Principautés Roumaines.
Par ailleurs, des princes et des seigneurs roumains (boyards) recouraient de plus en plus à des précepteurs français pour éduquer leur progéniture, puis à des gouvernantes. En voici quelques sources : au 16e s., le diplômé Fourquevaux et le commerçant Pierre Lescalopier, l’auteur du reportage de voyage intitulé Le voyage fait par moi-même, P.L., parisien, en 1574 de Venise à Constantinople, sont des personnes réelles. Contemporain de Montaigne, Pierre Lescalopier a fait escale de plusieurs jours en Moldavie et en Valachie et fut reçu par les princes des deux pays. Vers la fin du 16e s, le savant français Jacques Bongars, auteur d’un ouvrage publié en Gesta Dei per Francos, visite les Principautés pour une documentation concernant les croisés. Durant les premières années du 17e s, le noble lorrain Charles de Joppecourt est impliqué dans la succession au trône de certains prétendants des Principautés. Ses notes de voyage parurent à Paris en 1620.
Au 18e siècle, quand la France prit le goût de l’Orient, les visiteurs des Pays Roumains abondent, époque où les fils des seigneurs roumains commencèrent à leur tour à fréquenter la France. Parmi eux, le précepteur français Jean Louis Carra et le comte de Hauterive, par leurs écrits, font connaître les Pays roumains en Occident.
A l’aube du 19e siècle, les relations franco-roumaines recouvrent d’autres dimensions, nouvelles, grâce aux études que la riche jeunesse roumaine fait en France et grâce au soutien que la France accorde aux aspirations nationales du peuple roumain. La classe dominante roumaine ne pratiquait plus le slavon et le grec, le français étant devenu la langue de la Cour et des lettrés. Le nombre des voyageurs français ayant laissé des notes de voyages sur les Pays Roumains est si important qu’en  citer certains serait injuste envers d’autres. J’ai pourtant retenu l’impression d’un professeur de français à la Cour de Valachie en l’an de grâce 1821 (l’an de la Révolution de Tudor Vladimirescu qui ouvre la voie vers l’époque moderne de notre histoire) en note admirative : « Il n’existe pas ici une personne qui, ayant reçu une éducation, ne soit pas capable de tenir une conversation en langue française ». La sonorité du roumain rappelle aux oreilles des français le doux patois du Languedoc. Etonnement!
Deux décennies plus tard, les intellectuels et révolutionnaires roumains sont surtout les jeunes, fils des seigneurs et de petits seigneurs, lettrés qui formaient le corps diplomatique à Paris. Certains, disciples de Michelet et de Quinet, ont participé avec enthousiasme à la Révolution française. Parmi eux, Nicolae Bălcescu, qui, se trouvant à l’entrée du palais royal, arracha de sa propre main un morceau de velours du trône de Louis Philippe, trône écrasé symboliquement par les révolutionnaires. La lettre envoyée dans le feu de l’action par Bălcescu au poète francophone et francophile Vasile Alecsandri est mémorable. La souffrance de la perte de la Révolution de 1848 a été partagée fraternellement, ce qui a consolidé les relations franco-roumaines. A partir de la seconde moitié du 19e s,  ces relations se diversifient et deviennent plus profondes.
 La France a toujours été proche pour nous, elle a compris nos douleurs et nous a donné un appui effectif dans les grands moments de notre devenir. Elle a d’ailleurs été la seule grande puissance qui a cru dans les Roumains et dans leur capacité de fonder un pays. Le travail méticuleux des hommes de culture et des diplomates des deux pays a commencé à porter ses fruits (bien avant la Révolution Française, la France avait des Consulats à Bucarest et à Jassy et les autorités roumaines ont accordé une priorité à ces consulats par rapport à ceux d’autres grandes puissances).
En 1859, par l’accomplissement et la reconnaissance de l’Union des Principautés Roumaines, l’appui le plus conséquent est celui de la France de Napoléon III. Après la Guerre d’Indépendance de 1877, la France est la première grande puissance à avoir reconnu l’indépendance de l’Etat roumain. La langue de la diplomatie roumaine est le français. Dans l’organigramme du Ministère des Affaires Etrangères, constitué par le prince A. I. Cuza (par le décret du 27 juillet 1862), le second dignitaire, en rang, de ce ministère nouvellement créé, était « le Secrétaire pour la langue française de Notre chancellerie », monsieur Boligot de Beyne. Le français est resté la langue de notre diplomatie jusqu’à la chute institutionnelle entrainée par la seconde guerre mondiale. Les rapports annuels des ambassadeurs roumains des grandes capitales européennes, rédigés en français, demeurent encore aujourd’hui le témoignage  de l’aisance avec laquelle les Roumains manient cette langue. Langue d’où le roumain a pris ses néologismes. C’est également la voie privilégiée de notre ressourcement latin.
Pour revenir à la chronologie, il convient de remarquer que, avec Mihail Kogălniceanu, accrédité ministre plénipotentiaire en France, les relations franco-roumaines entrent dans une nouvelle étape, de stabilité et de consolidation, d’approfondissement et de diversification.
A la fin du 19e s. et au début du 20e s., dans la période brûlante où s’est fondée la Roumanie moderne dans tous les domaines, les Français venus en Roumanie ou les Roumains faisant des études en France, ont été des fondateurs : ils ont ouvert des chemins, ont créé des grandes  « écoles » roumaines, de médecine, de droit, d’architecture, militaire, de génie militaire et civil, de recherche scientifique et appliquée, opéra, théâtre, revues, etc. C’est d’après le modèle français que nous avons créé nos principales institutions nationales, à commencer par l’Académie, le système de l’enseignement, les institutions de culture, et jusqu’à la construction des ponts et chaussées.
Faisons référence à un domaine peu connu, par exemple le domaine militaire. C’est notoire que l’histoire moderne de l’Europe a été marquée par de nombreuses guerres et l’armée était une institution fondamentale de notre pays. C’est une fierté pour les Roumains que le premier étudiant étranger inscrit dans l’école militaire de Saint-Cyr en 1847 fut le prince roumain Grigore Bibescu Basarab-Brâncoveanu.  Pendant un siècle, par leurs résultats, les cadets roumains ont assuré une présence remarquable dans cette école prestigieuse. L’élite de la Roumanie a été formée principalement en France. Cette affirmation est une vérité irréfutable pour les élites de la Roumanie en général, dans tous les domaines, durant l’histoire moderne du pays.
  Dans n’importe quel domaine d’activité, le diplôme d’études obtenu en France présentait une garantie de professionnalisme, ouvrait les portes d’une carrière notable en Roumanie.
Combien nous était chère la France à nous, sœur latine aînée, à nous les Roumains d’antan, et à nous, les Roumains d’aujourd’hui!
Lorsque « La Grande Guerre » a mis les nations à l’épreuve, par les sacrifices communs, l’amitié franco-roumaine s’est cimentée, comme en témoignent les sacrifices des Roumains en France (les monuments de Dieuze et Soulzmat demeurent un témoignage encore vif et émouvant) et des Français du général Berthelot durant les moments difficiles de la retraite à Jassy. La paix qui a suivi, scellée par les Traités de Versailles et de Trianon, a enfin rendu justice au peuple roumain si éprouvé. L’Union de toutes les provinces historiques avec la patrie mère couronnait un processus historique durant lequel la France s’est toujours tenue proche, en nous encourageant à nous battre pour la liberté et pour nos droits, comme elle-même l’avait fait d’une manière exemplaire tout au long de son histoire mouvementée.
Qui pourrait oublier que, dans l’histoire moderne, les concepts qui assurent le fonctionnement d’une république démocratique, ses valeurs depuis toujours citées, de l’ossature et des institutions de l’Etat de droit, de même que les droits de l’homme et des nations, ont gagné leurs titres de noblesse en France, étant formulés dans sa très belle langue?
C’est avec son ministre des Affaires étrangères, Barthou, en la personne duquel notre grand Nicolae Titulescu avait trouvé un allié pour la construction de la Société des Nations et pour l’essai – qui n’a, hélas, pas été couronné de succès – de barrer la route à la montée du fascisme en Europe. Le début de la seconde guerre mondiale a été dur et injuste pour nos deux peuples ; la fin, elle, a été injuste seulement pour la Roumanie.  Ainsi va le monde !
Mais même durant ces années difficiles, dans la résistance antifasciste en France, de nombreux Roumains sont morts. Ils sont aujourd’hui nos héros communs. La France a toujours eu des amis fidèles en Roumanie. L’élite spirituelle de la Roumanie moderne étant formée notamment en France, les racines de la francophilie de la politique étrangère de Roumanie et de la francophonie de ses élites sont tellement profondément ancrées et puissantes, que les décennies du communisme imposé par les chars soviétiques n’ont pu les arracher. De Gaule, qui, à l’évidence, ne sympathisait nullement avec le communisme, a trouvé lors de sa visite en Roumanie (durant les mémorables événements du mai ‘68), un terrain fertile pour éveiller et revigorer l’amitié franco-roumaine à divers niveaux. Incluant une francophilie de la politique étrangère, domaine où, mutatis mutandis, la Roumanie essayait parfois d’imiter à l’est une certaine autonomie de pensée et une manifestation distincte sur le plan international, propres à la France.
Avec la relative indépendance que le régime de Bucarest a affichée face aux Russes, quelques changements sont à noter. L’enseignement de la langue française à l’école (par l’abolition de la position privilégiée du russe, mis sur le même plan non seulement avec le français, mais aussi avec l’anglais, l’allemand et l’espagnol) et la permission accordée par le régime (sélective, discriminatoire, et pourtant réelle) à l’élite culturelle roumaine de renouer les liens avec la France ont eu un effet deux fois bénéfique. Les Roumains ont repris la communication traditionnelle avec la France, secteur par secteur, entre les homologues des deux pays (sauf dans les zones hypersensibles), et la langue française est devenue pour les Roumains un merveilleux outil d’instruction et surtout une fenêtre vers le monde. C’est par le français que les Roumains avaient accès aux nouveautés aussi bien dans le domaine professionnel que dans celui de la science et de la culture en général. De plus – même si des anti-communistes viscéraux protesteront -, il faut reconnaître que le régime communiste, en élargissant l’accès à l’éducation, (inclusivement au lycée et à l’enseignement supérieur), a élargi la base de recrutement de ceux qui aiment la langue française. Elle est devenue la langue étrangère la plus répandue et la plus utilisée en Roumanie ; pas seulement par une élite, traditionnellement francophone et francophile, mais par de nombreux intellectuels issus du peuple. Il nous a été permis de nous rappeler que nous étions une île de latinité à l’est de l’Europe.
Dans les organismes internationaux, à l’ONU, la délégation roumaine recevait les documents en langue française et c’est dans cette même langue qu’elle rédigeait et diffusait ses propres positions. Les délégations de la Roumanie aux conférences internationales utilisaient majoritairement, parmi les langues des conférences, le français. La diplomatie roumaine avait, même du temps du communisme, de nombreux ambassadeurs et de hauts fonctionnaires qui pratiquaient bien la langue française. Cependant la diplomatie n’était pas un segment singulier, mais plutôt un exemple du vaste domaine de la culture et de la science roumaines, domaine où les liaisons basées sur des affinités spirituelles tissées tout au long des siècles, produisaient des valeurs qui nous sont communes, des créateurs ayant vécu aussi bien en Roumanie qu’en France.
Prenons l’exemple de la littérature. Fondée traditionnellement sur les valeurs du peuple et  exprimée dans la création folklorique, la littérature roumaine intègre, à l’époque moderne, la culture occidentale par osmose avec la littérature française. Les premières générations des fondateurs et des créateurs de langue roumaine ont également écrit en français, langue dans laquelle ils rimaient avec aisance. La génération « paşoptiste » (« quarante-huitarde ») avait rapidement assimilé le classicisme, l’époque des lumières et le romantisme, en s’abreuvant insatiablement aux sources de la littérature roumaine contemporaine. Alecsandri et Bolintineanu, Bălcescu et Alecu Russo étaient des disciples et des camarades de lutte aussi bien en Roumanie qu’en France, de Victor Hugo et de Lamartine. Alecsandri a débuté en langue française, et, en 1878, il gagne un grand concours de poésie à Montpellier (concours organisé par le poète Frédéric Mistral) avec la poésie Le chant de la Gent Latine, aussi belle dans une langue que dans l’autre.
 Le Chant du Latin
La Gent latine est la reine
Des nations de l'univers.
Son étoile, fixe et sereine,
Scintille au fond des cieux ouverts.
Vers d'immortelles destinées
Elle marche d'un pas certain,
Versant aux Gentes inclinées
Tous les rayons de son matin.
La Gent latine est une vierge
Au charme doux et ravissant ;
L'étranger vers elle converge
Et l'adore en la bénissant.
Belle, vive, joyeuse et fière,
Sous le ciel bleu, dans l'éther pur,
Elle se rit dans la lumière,
Et se baigne en des flots d'azur.
La terre à la Gent latine
A tout donné: or, blé, rayons;
Et, largement, sa main divine
Les répartit aux nations.
Mais, terrible dans sa colère,
Rien n'arrête son bras vengeur,
Lorsque la tyrannie altière
La menace dans son honneur.
Lorsque viendra l'heure suprême
Et que Dieu lui demandera:
"Je t'ai donné le diadème.
Qu'en as-tu fait?" Elle répondra,
Ayant à droite la Victoire,
Et à sa gauche la Vérité:
"Sur la terre, pour toute gloire,
Mon Dieu, je t’ai représenté"
Cette variante, j’ai réussi à la faire publier en France, dans la revue « La Roumanie au Quotidien (automne  2003), Lyon 
 Le chant de la Roumanie, véritable ode à sa patrie, Alecu Russo l’a fait aussi circuler en français. Bolintineanu a traduit ses poèmes en français, et ils ont été publiés avec un avant-propos de Philaret Charles. Nicolae Bălcescu correspondait avec Victor Hugo (évidemment, en français). Dans les années ’70-’80 du 19e s., lorsque Baudelaire n’était pas encore reconnu en tant que grand poète, paraissaient en Roumanie les premières traductions des Fleurs du mal, dans la revue « Conversations littéraires ». Il s’agit d’une publication de premier rang, dont la mission culturelle est similaire à celle du périodique « Revue des Deux Mondes ».
Quelques dizaines d’années après « l’initiation » des Roumains à la littérature française, les créateurs roumains étaient capables de rembourser aux Français les crédits accordés (pour utiliser le langage financier du monde de l’argent d’aujourd’hui). Si en 1840 les romantiques roumains se sentaient bien en France, après 1880 les symbolistes roumains créèrent leur propre instrument poétique, à l’instar des Français. Alexandru Macedonski, avec sa revue « Le littérateur », était en Roumanie un précurseur qui, quelques années plus tard, s’est trouvé des homologues en France et en Belgique, dans la revue « La Wallonie » et dans d’autres revues « progressistes et à l’esprit militant », ce qui a contribué à l’affirmation de ce courant littéraire. Aucun connaisseur de la littérature française et mondiale n’ignore que le père du « dadaïsme », Tristan Tzara, était roumain. Il y eut ensuite Panait Istrati – le premier écrivain européen qui ne s’est pas laissé avoir par le bolchevisme et par la propagande communiste, à une époque où l’élite littéraire française était subjuguée spirituellement et fascinée par la « Grande Révolution d’Octobre ». Il existe tant d’autres exemples illustres : en France s’affirme la comtesse de Noailles, née Princesse Brâncoveanu; Eugène Ionesco – lui et son théâtre de l’absurde trouvent leurs racines en terre roumaine; Mircea Eliade, qui fait connaître l’approche d’une vision intégrale de la religion et des mythes; Constantin Brâncuşi qui, formé à l’école de Rodin, mais influencé par la tradition du folklore national, créa une sculpture révolutionnaire. Révolutionnaire a été aussi, à sa façon, George Enescu, par son Œdipe. Parmi les précurseurs de l’existentialisme, Benjamin Fondane occupe une place de choix. Il n’est autre que le Roumain Barbu Fundoianu. Rappelons aussi Matilda Ghyka, qui joue un rôle important dans l’histoire du structuralisme ou Stefan Odoblegea, dans l’histoire de la cybernétique. Plus proche de nos jours, les Français se souviennent avec plaisir de l’accent inimitable de la grande Dame du théâtre roumain et français, Elvire Popesco. Et puisque nous parlons de grandes Dames, il convient de mentionner également Iulia Haşdău, Elena Văcărescu, et Martha Bibescu, qui, à leur époque, ont brillé dans les salons de la haute société française, appréciées en tant qu’ambassadrices de la sœur latine des portes de l’Orient, telle que la Roumanie était alors présentée. Très appréciés sont aussi les poèmes de Gherasim Luca, tout comme l’activité de tant d’autres journalistes d’origine roumaine.
Je n’ai cité ici que les noms les plus célèbres, convaincu d’avoir été injuste envers tant d’autres, dans d’autres domaines. Comme, par exemple, toute la pléiade d’inventeurs et de faiseurs de découvertes, tous ces hommes merveilleux et francophones et francophiles d’exception, tel Traian Vuia, Victor Babeş, Ion Cantacuzino, Gheorghe Ţiţeica et Henri Coandă. Toutes ces personnalités ont substantiellement contribué à la connaissance en France de la créativité roumaine, inspirée et nourrie souvent des mêmes sources que celles des coryphées français dans leurs domaines respectifs.
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J’aimerais réitérer a quel point j’ai été fasciné  par les écrits de toute une pléiade d’ambassadeurs roumains illustres; leurs Rapports annuels envoyés au Ministère des Affaires Etrangères, étaient rédigés dans un français resté inégalable; certains manient  le français avec une élégance  tout a fait remarquable.
Les retrouvailles avec la France après la chute du régime communiste étaient un fait naturel, et l’entrée de la Roumanie, en tant que membre de plein droit, dans le mouvement de la francophonie offre de nouvelles dimensions de développement  et de diversification aux relations franco-roumaines. Les Roumains découvrent la francophonie en tant qu’espace multifonction où circulent les idées, la science, la culture et l’art, les gens et les capitaux, un espace où une belle langue sert à promouvoir le bien commun des pays membre. Il ne faudrait pas hésiter à s’inspirer encore de l’expérience de la France – une véritable démocratie, avec un Etat de droit qui a donné corps à cette notion - tout en sachant mériter son appui, à l’exemple des générations de grands francophones et francophiles de l’élite politique, économique, culturelle, militaire de notre pays à l’époque moderne de l’histoire de notre pays. C’est émouvant, certaines de mes paroles amenaient des larmes aux yeux du public.
Je ne saurais clore ce chapitre consacré à l’histoire et à la tradition des relations franco-roumaines, sans mentionner le dernier en date, mais évidemment, pas le dernier, Emil Cioran. Au lieu d’en faire une plaidoirie, je soumets à votre attention les écrits de l’académicien français Jean d’Ormesson, dans son traité  Une autre histoire de la littérature française (Edition NIL, 1998, P.319) : « Nous devons beaucoup aux Roumains. Non seulement ils nous ont fourni généreusement des acteurs et sculpteurs : un Brancusi, une Elvire Popesco, avec son inoubliable accent dans les chefs-d’œuvre de Flers et d’Arman de Caillavet que Jankélévitch appréciait tant – La veste verte ou Le roi.  Ils nous ont également donné les meilleurs artisans de notre langue qu’ils connaissaient mieux que nous et qu’ils aimaient autant que nous : Madame de Noailles, née Brancovan ; tous ces Bibesco si chers à Marcel Proust ; dans un genre assez différent, Tristan Tzara, le fondateur du dadaïsme ; Panait Istrati, un romancier de l’aventure, auteur de Kyra Kyralina ; et surtout les trois amis que l’on voit ensemble sur les photos et qui illustrent brillamment la littérature française d’après la seconde guerre mondiale : Mircea Eliade, romancier, mythologue, historien des religions ; Eugène Ionesco, être lunaire et raffiné qui bouleverse, avec Beckett, le théâtre contemporain et dont « La cantatrice chauve » ou « Les chaises » n’ont pas cessé d’être à l’affiche quelque part dans le monde durant un quart de siècle ; et ensuite Cioran, qui se nommait Ciorănescu, et dont le prénom, Emil, s’est perdu en route, comme celui de Ionesco. »
                Lorsque ces belles paroles sont écrites par un académicien français (l’un des quarante immortels de la France) ne lui faisons pas l’offense de dire qu’il nous flatte.  
Maintenant nous, nous les épigones ?           
Selon le poète, « la gloire des anciens est à l’honneur des anciens et non pas pour l’orgueil des arrières petits-fils ». « A tout Seigneur, tout l’honneur ». Et la vérité mi-figue, mi-raisin est qu'en Roumanie nos générations de 1989 ont été déficitaires dans beaucoup de domaines. Je cite de mémoire: ceux qui sont sortis dans la rue en 1989 n’ont pas préparé d’aucune manière la Révolution, comme les Polonais de “Solidarnosti”. Mais nous avons conscience que les épreuves s’accumulent et l’on reconnaitra un jour  que notre Révolution a été concoctée  par d’autres, en dehors du pays, et que nous n'avons été qu’une « masse de manœuvre », des figurants ;  c’est aussi vrai que cette masse de manœuvre n’a pas respecté les scenarios prévus par les différents centres de pouvoir et par les Structures Occultes Dominatrices. Elle est sortie du lit et a brisé les plans de certains. C’était l’explosion de notre polenta mioritique. Dommage pour le sang versé ! Mais aujourd’hui il est clair que n’ayant rien préparé d’autochtone, le lendemain nous n’avons su quoi faire de notre « liberté, liberté chérie » et avons tâtonné pendant plus de 20 ans. Durant ce laps de temps le peuple a été tourmenté et a payé cher l’absence d’élite clairvoyante.
 Cette élite à qui on ne peut pas reprocher d'avoir été dépourvue de toute expérience « capitaliste », porte la lourde responsabilité de n’avoir pas eu le réflexe des élites roumaines de toute l’histoire roumaine moderne : celui de s’inspirer sincèrement de l’expérience de l’Europe Occidentale et particulièrement de la France.
Si parmi la communauté culturelle, plus à l’abri des “liquidations” sommaires, nous n’avons pas eu de rescapés, d’où sortir alors des modèles, des repères? Faire appel aux traîtres et aux convertis ? Que ne ni !
Quand en fait nous aurions dû fonder des institutions, renouer avec la tradition d’avant-guerre quand elle n’était pas obsolète et nous inspirer encore plus fort du modèle français, comme l’ont fait avec succès nos prédécesseurs tout au long de l’histoire.  Ne pas nous baisser devant toutes les Portes et amener au pays des institutions et des procédures éclectiques qu’aujourd’hui nous reformons sous le bâton de l’UE.
 A présent nous avons quelques conseillers français dans les palais Cotroceni, Victoria et dans quelques ministères qui nous aident à réparer ce qui est encore à réparer, parce que la structure institutionnelle est déjà créée et...consolidée, même si l’ensemble des instruments législatifs est mal coupé. Pourquoi ne les avons-nous pas appelés juste après 89? “Donne Bon Dieu au Roumain la raison dernière” ! 
 
Nous sommes à l’heure de la réunification de l’Europe. Oui, il y avait une Europe d’autrefois, une Europe d’antan, cette Europe où il n’y avait pas d’autoroutes, de TGV, de vols charter, encore moins d’Internet et d’E-mail. Mais on se sentait dans une communauté. Car à pied, à  dos de cheval, en diligence, voiture de poste, carrosse et plus tard dans le train de légende « Orient Express », les gens, les valeurs matérielles et spirituelles circulaient d’un coin à l’autre du vieux continent. Il y avait assez de place pour tout le monde, il y avait une communion d’idéaux, on croyait dur comme le fer de la tour Eiffel dans la force du progrès et du génie humain. Les Européens bâtissaient l'avenir imbus d'intrépidité et les idées phares de liberté, égalité, fraternité, de progrès, d'émancipation et de prospérité se répandaient comme une traînée de poudre, à l'instar des idées-forces des révolutions françaises de 1789 et 1848 avec éclat, répercussion et retombées positive dans tous les pays de l'Europe. Les créateurs, ingénieurs, inventeurs, constructeurs circulaient et étaient en concurrence loyale d'une "exposition universelle" à l'autre, d'un concours ou d'une compétition à l'autre; les penseurs, les philosophes,  les savants, les visionnaires se connaissaient entre eux et tenaient la liaison par un courrier suivi qui ne risquait pas d'être piégé comme aujourd’hui. Les gens  se faisaient confiance et la bonne foi était de mise, car la société n'était pas encore hantée par ce roi sans âme qui est l'argent. Dans les structures professionnelles la parole donnée et la poignée de main scellaient une entente ou un contrat, donnant plus de garanties de mise en pratique que toute la paperasserie dûment légalisée d'aujourd'hui. C'est dans cette Europe que plongent les racines, les valeurs communes qu'on invoque aujourd'hui et qui font de l'Europe notre maison commune. Ce n'est pas de la nostalgie, c'est tout simplement de la mémoire.
A vrais dire l’expérience de la France n’a pas représenté pour nos dirigeants postrévolutionnaires un modèle à suivre, mais plutôt une bibliographie à citer après l'avoir étudiée superficiellement. Avec la raison encombrée de l’ «originalité» roumaine et la formule communiste qui s’imposait «d’incorporer dans tout ce que nous faisons tout ce qui a de plus valeureux »  nous nous sommes considérés trop intelligents et vus trop beaux pour suivre des modèles. En conséquence une classe politique débutante et sans expérience a doté le pays avec  des institutions mimées, perverties, contreproductives, à la mesure de  l’incapacité, de la suffisance et de l’intérêt véreux des acteurs qui ont eu un rôle sur la scène politique roumaine dans la période postrévolutionnaire.    
L’expérience de la France était mentionnée parmi les premières lorsque une nouvelle institution fut créée, mais finalement on en retenait peu et d’une manière  éclectique. Une chose est claire, nous aurions beaucoup plus à gagner si nous nous inspirions de l’expérience de la France. C’est la même culture latine, et la manière selon laquelle les Français ont obtenu et appliquent l’acquis communautaire est plus proche de la mentalité des Roumains ; nous pourrions en profiter si seulement on en avait la volonté. D’une manière intéressée, les dirigeants roumains riches, gouvernant sans gêne en faveur des riches, préfèrent d’autres modèles que le français. Quand la lame du couteau arrivera à l’os du Roumain ordinaire il comprendra alors que s’inspirer du modèle français sera la garantie qu'en Roumanie s’installera un Etat de droit, où les droits de l’homme seront respectés, l’éducation, les assurances sociales et la santé seront pour tous et gratuites. La liberté, l’égalité et la fraternité, la démocratie participative ne sont pas des mots d’ordre, des slogans; elles sont la réalité d’une société où le bien-être et la fortune sont créés par un travail honnête ; les politiciens ne sont pas gavés, l’élu répond et rend des comptes à celui qui l’a élu, et le gouvernement se préoccupe de la prospérité de tous les citoyens de son pays, en particulier de ceux qui appartiennent à une classe sociale qui souffre et qui mérite d’être aidée en priorité. Ceux-ci ne sont jamais les riches.
Comme philosophie même, la sortie de la récession et la croissance sont basées sur l’augmentation de la consommation de la population, alors l’économie se trouve fortifiée par une expansion saine et la population retrouve l’optimisme. Ce n’est pas comme en Roumanie où les prix augmentent sans aucun lien avec les couts et avec les revenus des gens et alors le pauvre citoyen constate qu’il ne peut pas vivre de son honnête travail. Après cela il n’y a plus d’honnêteté morale plus aucune valeur. Alors c'est vrai que pendant les campagnes électorales on parle d'éradiquer tous ces maux, mais en réalité les valeurs sont minées, perverties et tout devient un cloaque immonde dans lequel les Roumains pataugent : certains - peu nombreux - qui se sont enrichis, gardent coûte que coûte avec les griffes et les dents ce qu’ils ont volé, d’autres – plus nombreux - voudraient leur prendre un morceau ou au moins une miette, et ceux qui n’y arrivent pas éprouvent de la haine envers les premiers. Si nous avions suivi le modèle français nous ne serions pas arrivés à cette fracture sociale dure qui pue la haine.
Tant que j’ai été Consul Général de Roumanie à Marseille (j’ai commencé mon mandat en 2002) je me suis débattu, parfois comme un poisson sorti de l’eau, pour convaincre les Français (non seulement les officiels mais aussi le public) que les Roumains sont toujours des francophones et des francophiles. En rappelant le passé, j’utilisais toutes les opportunités pour valoriser les idées maîtresses que j’avais dans une allocution, qui reprenait synthétiquement les idées que je viens d’évoquer.
Naturellement, quand il s’agit des relations entre les Etats, les autorités françaises au plus haut niveau font de la politique, c’est-à-dire qu’ils suivent leurs intérêts. La coopération des services secrets roumains et français a été appréciée dans la finalisation heureuse de la libération de la journaliste Aubenas. L’automne 2006 la Roumanie a été l’hôte de la Réunion du Sommet de la Francophonie, le premier pays européen, après de longues années, autre que la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. Une véritable pénétration du français vers l’Est.
                Il y a une coutume selon laquelle un diplomate ne doit pas se permettre de remarques sur les chefs d’Etats. Mais moi étant à la retraite, vieux bon bougre qui a roulé sa bosse dans pas mal des pays, j’ai repris ma liberté d’écrivain libre penseur, à grande gueule et à la langue bien pendue. Lorsque la candidature de la Roumanie en tant que hôte du Sommet a été déposée on pensait que le Président du pays sera Monsieur Adrian Nastase et le Premier ministre, Monsieur Mircea Geoana, deux des francophones hors série ; l’électorat  roumain en a décidé autrement. Eh oui ! Et on a du s’accommoder. Heureusement le Premier ministre Tariceanu qui a pris la relève à pied levé  s’est avéré un francophone au dessus de la mêlée des dignitaires roumains qui parlent le français.  Des deux cotées on a mis le paquet. 
Il y a en Roumanie de nombreux investissements français très profitables, des coopérations bilatérales, de grands et intéressants projets pour le bien commun. Il y a un Partenariat franco-roumain conclu par les présidents Basesco et Sarkozy. A tout cela il faut rajouter une préférence, une aisance des intellectuels roumains de renommée  à  s’exprimer en français dans les activités internationales et le support des juristes roumains célèbres pour que le français devienne la langue juridique de l’Europe. Nous avons des « atomes crochu » avec les Français.
Ainsi, le « politiquement correct » a imposé aux officiels français la réconciliation avec les officiels roumains suite aux étincelles provoquées par un certain nombre de gestes et réflexes non européens des autorités de Bucarest. Heureusement  la page a été tournée pour passer à une autre dans le passionnant livre des relations franco-roumaines.
(Une divagation sur cette période. A vrai dire une charge amicale faite bon enfant et j’espère que Monsieur le Président Traian Basescu la prendra en Grand Seigneur, car maintenant c’est de l’histoire ancienne. C’était une réalité : à l’époque, au plus haut niveau, les autorités roumaines se sont drapées dans leur fierté et leur orgueil en demandant à la France d’arrêter de leur donner des leçons. Apparemment une réaction normale! Mais ce n'est qu’une apparence! Parce que, comme l'ont déjà remarqué nombre de personnalités de la société civile roumaine, parmi lesquelles le regretté Octavian Paler il y a encore des leçons françaises qui nous serviraient. Elles nous donneraient des repères et une cohérence bienvenus dans le marasme et la désolation de la création et du fonctionnement des institutions roumaines postrévolutionnaires empruntées telles quelles et mal digérées, formes sans fond, mimées (comme par exemple „l’avocat du peuple” copiée selon l’Ombudsman nordique. Mince alors ! On aime et on est plus habitue chez nous de tenir compte de l’opinion de celui qui joue « l’avocat du diable »).
Le tableau antérieurement présenté ne doit pas être vu seulement sous ses aspects négatifs. Comme autrefois, les Roumains sont capables de retrouvailles sincères avec la France ; nous sommes favorisés par le fait que dans les relations franco-roumaines il n’y a pas de souvenirs subliminaux de croisades ou des charbons de la période coloniale. Nous n’avons pas été obligés de coopérer; cette collaboration nous l’avons souhaitée, voulue sincèrement et les résultats en ont été bénéfiques, réciproquement avantageux, avec des périodes fastes de plus de 150 ans dans l’histoire. C’est pour ces raisons que je suis optimiste en ce qui concerne le futur des relations franco-roumaines, de la francophonie ainsi que de la francophilie des élites spirituelles roumaines. Nous avons eu toujours des dirigeants sensibles aux valeurs de la latinité. Notre président actuel qui porte un prénom romain - Trajan - vient de Constanţa,  le Tomis de Romains, lieu d’exil pour Ovidiu Publius Naso. L’âme et le tempérament du roumain plongent leurs racines dans cet héritage latin.
D’une certaine manière, les Roumains pour la plupart se retrouvent dans leur président ; c’est ainsi qu’ils visualisent et veulent leur chef, un peu « père de famille», aimant son peuple, à moitié prince-régnant, qui se comporte régalien comme les autres dirigeants contemporains, mais un quart Seigneur, qui surprend ses ennemis, parfois aussi ses amis ; bien informé, proche des souffrances des gens, se battant par tous les moyens à sa disposition – de la hache de la position tranchée à la ruse diplomatique – contre l’oppression des Portes étrangères, mais aussi contre l’avidité scélérate des gros bonnets et des « barons » autochtones, les sangsues de toujours du peuple roumain. Et le dernier quart doit être un air non-conformiste, un peu je-m’en-fichiste (et s’il a bu directement le champagne au goulot à la face du pays entier, ce n’est pas grave, car le Roumain commun en fait de même),  quelque chose du « haïdouk », brigand au grand cœur, personnage volontariste, qui fait justice mais pas toujours par des méthodes orthodoxes. Un peu coureur – voyez Etienne le Grand, Ioan Cuza, Avram Iancu, Carol II – (preuve que l’homme en a des « cohones » et qu’il est homme en tout ce qu’il fait, donc « à fortiori » homme d’Etat). Il a des chances de s’imposer grâce au vote de la plèbe laborieuse et à l’esprit encore grégaire. Personnellement je lui souhaite tout le bien, tant que le sien coïncide avec celui du peuple roumain si opprimé aujourd’hui par la crise et une coterie des riches qui serre les rangs au-delà des différences politiques, une véritable oligarchie attirée par l’argent comme la bête par le sang.
                Toutefois, l’obsession présidentielle pour  « l’axe » anglo-saxon amuse encore les analystes politiques ; (aveuglément explicable, la langue des mers, des ports, des banques, des bars et des cabarets est de façon indiscutable l’anglais ; on fait usage du français pour le sens des nuances, pour le raffinement de l’analyse, l’ingéniosité, la générosité de l’action diplomatique et du développement de la société, de sorte que la vie vaille la peine d’être vécue à tout âge, par tous les membres de la société, non seulement par les gavés enrichis en une nuit).
La France, notre sœur latine, a un poids lourd dans les forums de décision de l’Europe communautaire, grande puissance, bénie pour nous pas seulement  du fait qu’elle n’ait pas de ressentiments historique vis à vis de la Roumanie, mais du fait qu’elle se montre aussi disponible  (jugeant a travers de déclarations à haut niveau), à être l’avocat de la Roumanie dans le forum « des 8 ». Je sais que de la France on parle parfois d’une manière péjorative ; vu l’offensive, par la force de l’économie et de la langue, actuellement triomphantes, américaine et anglo-saxonne. Les ragots fleurissent qu’elle serait une nation trop métissée, persécutée et hantée par une culpabilité historique vis-à-vis de ses anciennes colonies, submergée par la non intégration réelle de ses immigrés (autrefois souhaités, ensuite acceptés, mais non intégrés à la deuxième génération), menacée par le déclin. Un pays ou les gens travaillent moins que dans les pays voisins, avec des grèves toutes les semaines, et où ils protestent, rouspètent et se plaignent tout le temps. Certains disent qu’ils ont raison d’être mécontents au moins de quelques réalités très françaises: les impôts trop lourds qui pèsent, une bureaucratie décourageante. A l’horizon de la vie économique et sociale il y a des nuages, les facteurs responsables ne vont pas s’assumer et assumer le risque de proposer des mesures radicales tellement nécessaires.
Dans tout cela on peut panser qu’il y a un peu du vrai, mais à condition de ne pas oublier : que ce petit pays à l’échelle mondiale (1% de la population) a un des plus enviés niveaux de vie du monde. C’est la première puissance exportatrice de produits agricoles, le quatrième exportateur de produits industriels, le pays qui reçoit le plus grand nombre de touristes (plus que sa population qui fait déjà  60 millions). C’est la deuxième puissance technique spatiale, producteur/exportateur d’armes performantes, le plus grand exportateur de biens culturels, articles de mode, cosmétiques et parfums qui avec les fameuses fromages, l’alcool (vin, cognac, champagne) et les friandises demeurent inégalables. Mais surtout, un pays où l’individu, l’homme de la rue se sent bien dans sa peau et dans la société où il vit. Il revendique ses droits, ne le mendie pas. En France rarement le riche peut se permettre d’être aussi brutal et cynique comme en Amérique ; à ce prix-là, le miséreux a sa dignité aussi !   
Ce ne sont pas les restes d’une gloire passée, mais une noble et pérenne spécificité française. Un pays qui aime ses valeurs plutôt que conservateur, (on aime protéger l’acquis, ça oui) mais imprégné pour toujours d’un esprit rebelle, non soumis, éternellement à la quête du mieux, sinon du parfait. Capable de rompre parfois brutalement avec le passé, de secouer de temps en temps « le cocotier », de bousculer la quiétude et le sommeil des notables s’il y a des raisons valables et de provoquer des moments de vérité ; elles s’avèrent utiles comme ouverture vers des nouveaux développements.   
 Ce n’est pas pour rien que la France représente un allié parfois difficile pour les Etats-Unis, mais le plus fidele, lucide et critique d’entre eux. Si on devait évaluer et apprécier objectivement les “spécificités” françaises dans différents domaines de la création, les manières propres d’aborder le progrès de la société (l’appel à la “mondialisation” de la solidarité humaine en réplique à la globalisation des marchés, plus “l’exception culturelle française”, etc.) le rôle que la France joue à l’international (dans les  institutions internationales et le système d’ONG) lui confère le rang de grande puissance (diplomatique, génie civile, intellectuelle et technologique) et la conclusion vient de soi : si la France n’existait pas il faudrait l’inventer !
Ce peuple avec son esprit créateur et innovateur  qui alimente les “ moteurs de l’histoire” ne peut pas manquer dans l’aventure humaine du monde contemporain. Rien que pour la période moderne, comment serait-il le monde sans le rayonnement des événements français visant à : renverser l’ordre moyenâgeux établis, instituer un état de droit, et les droits de l’homme citoyen, l’émancipation politique et sociale, l’Etat-nation, bannissement de la guerre, la construction d’une Europe prospère, réunification de l’Europe de naguère,  l’interrogation sur son avenir, crise de société ? Choc des civilisations ? Confrontation des religions ? Les nouveaux défis ? Est-on préparé à les reconnaître et les affronter ?  Il y a matière à méditer !     
Les retrouvailles de la Roumanie avec la France après la Révolution de 1989 ont été, évidemment, émouvantes et source d’un immense espoir. On semblait prêt à renouer avec notre francophilie et francophonie traditionnelle. De nos jours même, quant ils veulent galvaniser les énergies, fédérer les efforts,  ce n’est pas rare qu’on entend les Roumains fredonner « allons, enfants de la patrie » ; et ceux qui sont mécontents, les gouailleurs et les rouspéteurs de tout bord brandissant le poing – moi je suis du nombre -  en fredonnant « Ah, ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne – c'est-à-dire nos « barons » en 4x4 haut de gamme – les aristocrates on les pendra ! »  L’esprit latin est toujours là !
 Force est de constater : nous avons bougé lentement et nous le ferons encore. Nous ne voyons toujours pas nos propres intérêts en tant que nation. La vie politique roumaine est tellement salie que les hommes honnêtes de ce pays sont désespérés. Aujourd’hui quand nous nous trouvons à la queue de l’Europe, nous ne voulons toujours pas comprendre que personne ne pourra nous aider tant que nous ne commencerons pas par mettre de l’ordre dans notre propre jardin. N’oublions pas que de nos jours il y a d’autres paramètres, surtout les intérêts économiques qui pèsent plus que les sentiments. Une bonne partie de l’argumentation de cette plaidoirie est basée sur des aspects historiques, certes réels, mais avec une valeur plutôt sentimentale. Cela est vrai que non seulement au niveau individuel, mais aussi au niveau de la conscience collective d’un peuple, le passé envoie des ondes vers le présent et on n’échappe pas au passé, qui parfois vous rattrape. La valeur “politique réelle” des sentiments créés le long de l’histoire est discutable en ce qui concerne leur poids dans la prise actuelle des décisions, ainsi que la pérennité de ces sentiments. Elles ne sont pas figées, elles peuvent changer et plus rapidement encore que les mentalités. Tout cela à condition qu’il y ait une volonté politique et une constance dans la promotion des idées. Prenez par exemple les relations franco-allemandes : jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale il y a eu des siècles de guerre, des adversités et des animosités entre les deux pays voisins. En moins d’une moitié de siècle, la réconciliation franco-allemande visionnaire, commencée courageusement par De Gaulle et Adenauer a donné ses fruits. Aujourd’hui elle représente la base solide de la construction européenne. Je voudrais voir avant de mourir un tel “miracle” souhaité avec ténacité et construit avec une volonté politique entre la Roumanie et la Hongrie. Cela serait un “miracle” ? Nous ne pouvons pas faire une « copie carbone » de ce modèle, mais nous pouvons nous en inspirer dans la réconciliation roumaine-hongroise,  “mutatis mutandis”, c’est vrai.
N’oubliez pas que nous sommes hantées encore par les mauvais anniversaires. Cette année nous allons célébrer les « Vingt ans après », pas pour rappeler les prouesses des trois mousquetaires, mais la fameuse première « mineriade ». Il y a même un cauchemar de l’invasion des « gueules noires » à Bucarest. Si dans notre pays la crise fera des ravages ou même dans une hypothèse moins dramatique comme le tollé de protestation contre le projet de loi sur les retraites, même si des ambassadeurs étaient envoyés dans l’Occident, des professionnels, nous ne pourrions plus faire grande chose pour l’image du pays, car la marchandise deviendrait invendable. La politique extérieure d’un pays se perd ou se gagne à la maison!
En France j’ai appris que l’Occident a des préjugés concernant les pays de l’est de l’Europe, avec des régimes récemment convertis à la démocratie. Ces régimes doivent tout le temps donner des “preuves au monde”.  L’image positive des jeunes démocraties est comme la confiance, difficile à gagner, elle nécessite de  « l’entretien permanent » et se perd rapidement. L’image se noircit à la première gaffe politique et la confiance est extrêmement difficile à regagner. Encore faut-il y mettre un surcroît d’ardeur et d’imagination, d’efforts inlassables pour que les « gaffes » soient oubliées (couvertes par le succès)! Sans efforts soutenus et de la bonne foi rien ne va.  Regagner la crédibilité et la confiance c’est à ce prix-là !
Il y a une énergie sans égale dans les relations franco-roumaines et les Roumains savent aussi que la France sera leur meilleur avocat sur le chemin qui permettra de forger leur destin européen. Les Roumains continueront d’aimer la France, son peuple, sa civilisation et surtout sa langue ; il y a une tradition qui continue. Si on demande l’aide de la France, c’est pour nous aider à rester ce que nous avons été depuis des siècles, un rempart de latinité, de francophonie et de francophilie dans cette partie de l’Europe, à la porte de l’Orient.
Mes projets personnels comprennent aussi la publication d’un livre qui ne passera pas inaperçu, miroir de la société roumaine dans la période 1990-2010. Avec beaucoup des propos confidentiels. Mais publier un livre contre « l’establishment » que les « gros légumes » et les « grosses pointures » de la société roumaine contemporaine  abhorrent, c’est nager contre le courant, avec tous les risques que cela suppose. J’ai mûrement réfléchi aux dangers encourus et j’ai décidé  d’assumer ! Tout en mesurant le poids des imprévisibles et des impondérables qui me guettent ! Certains sont redoutables, voir  très graves ! Pour une raison très simple ici, au bord de Dâmboviţa, mais une raison impensable en France : Malheur à celui qui aime son pays quand celui-ci est pillé à outrance !  Il y a de quoi avoir peur, on est en Roumanie, pas en France !
                Le temps est venu de nous inspirer de l’expérience de la France dans la lutte contre la corruption et le pillage, non seulement  de nommer, de fustiger les profiteurs,  mais de récupérer au moins une partie de ce qu’on a volé et pour cause ; il y a trop d’enrichis sans juste cause. Les Roumains veulent avoir leur fête, c’est a dire que la justice soit faite !  C’est maintenant ou jamais ; si non on va s’enfoncer dans la crise, croulé sous les dettes et  il y aura un déferlement de la souffrance et de la haine ! Avant de conclure, quittant le domaine de la politique, je vous offre un exercice personnel sur le progrès et l’intrusion des prouesses informatique dans la vie quotidienne. L’homme moderne est-t-il plus heureux ?
                D I E U  E T  M O N   D R O I T !
           Des cogitations apocryphes  et paillardes.
Je fais partie, d’une génération de diplomates née avant la dernière guerre « chaude » et la première « guerre froide » en Europe ; les gens de ces générations ont en commun certains traits qui méritent d’être signalés, maintenant, quand on constate: « Fugit irreparabile tempus ! » 
  • nous sommes nés avant la télévision, avant la pénicilline, les produits surgelés, les photocopies, les verres de contact, la vidéo, les jeux mécaniques, la pilule  et le condom   (qui n’était pas vraiment nécessaire, quand on était fidèle) ;
  • nous étions là avant la bombe atomique, le laser, les congélateurs, la climatisation, les liaisons par satellite, avant que l’homme ne marche sur la lune (exploit resté d’ailleurs sans lendemain).
  • L’environnement n’était pas si pollué, car on était moins nombreux partout, la nature n’était pas si agressée et mise à mal par l’homme ; question : «Où sont les neiges d’antan ? »
  • nous nous sommes mariés avant de vivre ensemble (d’abord à la Mairie, puis au lit). De nos jours, tout commence tôt, parfois trop tôt ; il n’y avait pas de mariages… « homo ».  « O tempora ! O mores ! »;
  • la vie en communauté se passait….. au couvent, il n’y avait pas de mari au foyer, pas de fac-simile, ni de courrier électronique, ni de s.m.s. ;
  • nous n’avions pas entendu parler de cœur artificiel, de transplant, de clonage, de fécondation « in vitro »; on ne jouait pas avec la création et la procréation, car on craignait d’ouvrir les boites des pandores. Pour nous la maladie de la vache folle c’est la preuve que l’homme – avant la vache -  est devenu fou, un piètre esclave du sacro-saint productivisme et en maltraitant la nature, fasciné par les mutations et les mutants court à sa perte; cette preuve est à la fois dirimante, irréfragable, irréfutable, irrémissible et irrépressible, mots non utilisés aujourd’hui. On dit que l’on n’arrête pas le progrès ! Soit ! Mais autant en emporte le vent !               
  • on ignorait bon nombre des maladies actuelles. L’hépatite, - la jaunisse - était connue, mais pas ses formes sournoises : B, C, à confondre avec chronicité; le terrible sida était inconnu. Il y avait des maladies honteuses, mais en train d’être éradiquées et on avait la sagesse de la prise de conscience du danger, d’où l’adage: «Honni soit qui mal y..  !» ;
  • pour nous, un ordinateur était quelqu’un qui conférait un ordre ecclésiastique, une puce était un parasite, une souris, la bestiole connue, chassée par les chats, poste de travail, c’était le lieu de travail, explorateur Windows, était un explorateur de fenêtres anglaises, les comptes d’utilisateur étaient à la banque, pas dans une icône au panneau de configuration, (un blasphème pour les chrétiens); la réalité ne dépassait pas la fiction, la violence n’était pas omniprésente dans le réel, les messages n’agressaient pas le sou-liminal et surtout -  le virtuel ne faisait pas jouir et ne «scotchait » pas les jeans à un écran.
  • les paraboles se trouvaient dans la bible, pas sur les toits, un site était un point de vue panoramique, avec une vue imprenable sur les environs ;
  • un joint empêchait un robinet de goutter, l’herbe était pour les animaux, un téléphone cellulaire aurait été installé dans l’écrou d’un pénitencier ;
  • le «piercing » était réservé aux lobes d’une pucelle, (pour y mettre les boucles d’oreille).  Ce n’est qu’aux groins des cochons, aux naseaux des taureaux, qu’on mettait des fils de fer. (il n’y avait plus de jeunes hommes avec des « boucles d’oreille »  comme du temps des « mignons » d’Henri III).   Faire percer la peau d’une fille dans un autre endroit aurait été une perversion et y fixer un bijou, une drôle d’idée ;
  • on n’abandonnait pas les parents en maisons de retraite ;
  •  exhiber le nombril d’une fille à moins qu’elle ne soit vêtue du port oriental, aurait été indécent  et la jupe trop courte aurait fait l’opprobre public et attiré les foudres de l’Eglise. Néanmoins, plus tard, la minijupe est entrée dans le paysage de la rue et dans les mœurs. De nos jours  une allocution de quelqu’un qui se respecte doit être comme la jupe d’une jeune fille: assez courte pour éveiller l’intérêt, mais assez longue pour couvrir le sujet. « Autres temps, autres mœurs ».
  • nous à l’Est de l’Europe nous avons vécu le communisme dans notre chair, d’où notre allergie aux leçons gauchiste  peaufinées aux terrasse cafés de l’Europe Occidentale. « Primum vivere, deinde philosophari ». 
  • nous ne savions pas ce que c’était que de se mettre en maladie ou en préretraite.  Mais l’homme contemporain est-il plus heureux ?
  • L’argent était important, «L’argent n’a pas d’odeur », mais il n’était pas le Roi païen d’aujourd’hui ;  on savait que «Les cimetières  sont pleins de ceux qui se sont considérés irremplaçables» et « Le Temps détruit tout» ;
Nous sommes d’une bonne race, bon pied, bon œil, des survivants, des rescapés d’une époque, plutôt mouvementée que belle, la vie était plutôt  difficile, rarement facile, souvent les fruits de notre labeur ne tenaient pas la promesse des fleurs de nos espoirs, mais l’envie de nous battre avec la vie ne nous a pas quittés, ni la joie de vivre et de croquer la vie à pleines dents; encore avec du mordant, prêts à faire face à ceux qui trouvent obsolètes nos ardeurs et osent bousculer nos valeurs, empiétant sur nos habitudes, (traitées de servitudes), confondant  notre sérénité avec de la vulnérabilité. Mais nous sommes des durs à cuire. Pour la plupart partis d’en bas, plusieurs d’entre nous sont arrivés bien  haut, en cultivant l’esprit sans perdre leur âme.  Pas étonnant que nous soyons fiers de nous, et encore dans le coup, même si nous ne sommes plus dans le vent.    Eh oui, « Sic transit gloria mundi ! 
                            Frénétiquement votre, Romulus Pătru Bena
                    Merci de votre si aimable attention !

2 comments:

Anonim spunea...

Très intéressant, votre article, mes félicitations!

Dommage qu'à présent les Français ne nous respectent plus...ils se moquent de nous sur tous les canaux de télévision, dans tous les journaux, à cause, probablement, de nos compatriotes - Roms, qui ont envahi et épouvanté l'Europe...Ils ne nous veulent pas en Europe. C'est regrettable!...

Et quelle honte pour la Roumanie en 2006, quand, au Sommet de la Francophonie, le Président Basescu s'est adressé aux participants en...anglais...

Une francophone et francophile
qui depuis quelque temps
se sent "gentiment malheureuse"
en présence des Français...

Anonim spunea...

Bonjour,
je me demandais quelle est votre source concernant le discours du Président Basescu prononcé en anglais ?
Merci

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