Une exposition d’art populaire

Dr. Paul Dancescu

Le 19 novembre 2009, l’Association culturelle roumaine a organisé une exposition d’art populaire comparée dans le cadre du Club d’or des personnes âgées, au Centre socioculturel du 6767, chemin de la Côte-des-Neiges, à Montréal.



C’est pour la première fois que l’art populaire de différents pays a fait l’objet d’une exposition chapeautée par un organisme culturel roumain de Montréal, après la grande exposition d’art populaire comparée qui a été réalisée il y a plus de vingt ans par le professeur Ioan Godea. Les visiteurs ont eu l’occasion d’admirer des objets utilitaires spécifiques de certaines régions et dont le cachet artistique ne manque jamais. Cette fois-ci, l’exposition n’a pas été réalisée d’un point de vue ethnographique à proprement parler. L’accent a plutôt été mis sur la signification, le plus souvent subjective, des petits objets d’art apparemment dépourvus d’utilité pratique, mais que les immigrants emportent avec eux en guise de souvenir. Nous aimons ces objets qui nous rappellent le lieu de naissance, l’enfance, et la jeunesse vécue dans notre pays d’origine. L’exposition, dénuée de prétentions scientifiques, se voulait simplement un témoignage du penchant de quelques amateurs pour l’art des ancêtres.

Parmi les objets d’art populaire exposés, on a remarqué celles du Vietnam, riches en formes et en couleurs, qui formaient un vrai petit jardin finement ciselé. Les visiteurs ont également pu admirer des tissus de Moldavie, des céramiques roumaines et des costumes des femmes de Roumanie, objet de grande valeur. Les sculptures en bois lourd du Ghana, avec le jeu de couleurs naturelles, spécifiques de l’art populaire africain des régions équatoriales, ont été très appréciées, tout comme les tissus, les broderies et les cuivres ouïgours du Kirghizistan. Une très belle collection de céramiques slovaques bleues ou multicolores a fait l’objet d’admiration, tout comme les splendides objets en bois, dont un cor des montagnes au son velouté et des objets de table en bois provenant des Carpates slovaques. Une très intéressante collection de vieux tissus populaires de Tunisie a fait bon mariage avec les vieux cuivres argentés maghrébins. Ces tissus dont les ornements ont été réalisés au métier même et non pas par broderie, témoignent de la transmission par syncrétisme culturel de certains symboles de l’art chrétien archaïque ou même de l’art égyptien encore plus ancien.
Expression directe de la sensibilité esthétique collective, l’art populaire a de tout temps réalisé, par ses superbes œuvres, un rapprochement des peuples du monde. Elle a toujours réussi à nous charmer. T out comme la littérature populaire qui, avec les petites histoires racontées par grand-mère, ont fait la joie de notre enfance, les petits objets traditionnels ont bercé notre enfance par le charme de leurs couleurs, formes et symboles.

L’exposition, organisée grâce à l’amabilité du Centre sociocommunautaire 6767, représente pour toutes les communautés culturelles participantes ou en visite, l’occasion de se connaître davantage, de nouer des liens d’amitié et d’accroître la collaboration interculturelle.

Le vernissage de l’exposition a notamment été honoré par la présence de son Excellence M. Dezider Michaletz, consul intérimaire de Slovaquie, de M. Tuan Thanh Vo, directeur du Club Dragon d’Or, de M. Rustam Aliev, directeur du Centre des ressources russophones, de Mme Julie Bieckerstaff de la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal, des membres du Club d’or, en plus des visiteurs venus admirer l’exposition.

Les visiteurs ont remarqué qu’on trouve souvent des similitudes dans l’expression esthétique des objets provenant de différents pays du monde, parfois très éloignés géographiquement. Nous avons eu ainsi la possibilité de faire des commentaires sur certaines particularités qui sont communes dans l’art populaire des différents pays. Voilà une excellente occasion d’oublier les différences qui existent par ailleurs entre les différentes cultures.

C’est pour cette raison que l’art populaire représente une partie importante du trésor que chaque communauté culturelle apporte au pays d’accueil. Cette exposition se définit ainsi comme un important moyen d’intégration des immigrants, venus de différents coins du monde, dans la culture canadienne.

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